LETTRE OUVERTE AUX SALARIÉS

LETTRE OUVERTE AUX SALARIÉS

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Par la présente, nous souhaitons vous alerter du double danger que représente l'actuelle dérive tendant dune part, à l'américanisation des relations sociales telles que nous les vivons depuis 8 mois au sein de notre entreprise et d'autre part, à la démultiplication des pratiques de ventes déviantes.
L'absence de dialogue prévaut aujourd'hui. FORCE OUVRIÈRE, promoteur de la négociation et de la pratique contractuelle, ne peut être soupçonnée d'en être à l'origine. En outre, depuis quelques années, bon nombre de salariés ne supportent plus les méthodes de management contraires avec les valeurs philanthropiques et de prévoyance censées être portées par notre établissement depuis près de deux siècles.
Le respect du client se mesure-il désormais à l'aune de l'accroissement de nos ventes ou à celui corrélatif, mais exponentiel, de ses réclamations ? La question vaut la peine d'être posée et la formuler c'est déjà y répondre. Nous voulons évoquer évidemment lintérêt bien compris du client, de sa satisfaction, de la confiance réciproque. Qu'est devenu l'ami financier d'autrefois ?
Par ailleurs, la concentration excessive des pouvoirs aux échelons supérieurs (CNCE et Directoire) ne satisfait pas les règles fondamentales de notre jeune statut coopératif et de la bonne gouvernance d'entreprise qui devrait en découler. Dans ce dispositif subi de plein fouet par les salariés et nos clients, l'individualisation exacerbée du contrat de travail, la décision unilatérale, sont désormais devenus les lieux communs de l'argumentation patronale. À FO, nous le condamnons car c'est la porte ouverte à tous les excès. D'un côté, le pouvoir de l'employeur qui se veut aujourd'hui régalien. De l'autre, des recours par tribunaux interposés en cours, ou à prévoir, car le simple respect de la loi pose manifestement un problème à notre Directoire. En filigrane, le rôle des syndicats et des instances représentatives du Personnel réduit à la portion congrue en raison du comportement de nos actuels dirigeants.
Puisque notre direction, sous l'impulsion de Jean Merelle, persiste en cette voie, désormais ce sont nos avocats qui prennent le relais. À FO, nous ne le souhaitions pas. Mais, la 1re organisation syndicale représentative peut-elle tolérer que le Droit du Travail soit ainsi foulé aux pieds ? Non, évidemment !
Par exemple, s'agissant de la mise en œuvre au 1er janvier 2003 dune part variable dans nos rémunérations, il convient de noter que ses dispositions particulières ont été établies sans concertation aucune avec les organisations syndicales représentatives à la Caisse d'Épargne Côte d'Azur. Dès lors, selon nous, elles ne peuvent pas légalement entrer en application comme le prétend un Directoire manifestement frappé d'autisme social. C'est pourquoi une suite d'actions judiciaires devant les juridictions appropriées a été lancée par le syndicat FO de la Caisse d'Épargne Côte d'Azur. Nous y reviendrons les jours prochains dans une série de circulaires intitulée « EN CÔTE D'AZUR, JUDICIAIREMENT VÔTRE AUSSI ».
En conclusion, nous ferons appliquer coûte que coûte le Droit du travail à la Caisse d'Épargne Côte d'Azur. Voulant fortifier notre entreprise et non pas la fragiliser en portant atteinte à son image, nous ne cautionnerons pas non plus les pratiques commerciales déviantes. En cette période trouble, nous serons donc particulièrement vigilants à la qualité des relations humaines dans le travail et ne tolérerons pas que le management confine au caporalisme fanatique sous couvert d'atteinte des objectifs.

Nice, le 1er mars 2003

La délégation syndicale du SNP-FO
B. Aguirre / A. Caux / C. Pfeifer / J.-J. Soli / J.-C. Sorbier